06 avril 2007
Jeanna et Olivier
Par Aude
Jeanna regardait le facteur le plus célèbre de France à la télé, le bel Olivier...
Elle le trouve fondant avec ses joues rondes et son regard grave. C'est qu'il n'a pas l'air drôle tous les jours le Olivier. Il est peut-être un peu austère pense Jeanna. Peut-elle réellement être amoureuse d'un type austère? Jeanna pense qu'avec elle, il arrêterait de penser à toutes ces choses si graves: l'exploitation des travailleurs, le patronat qui s'en met plein les poches, les SDF qui crèvent la dalle. Jeanna elle dirait à Olivier: "Arrête un peu de penser à la pauvreté et à l'injustice. Regarde autour de toi, il y a de belles choses aussi à voir. Profite du soleil qui nous honore de sa présence aujourd'hui, admire la mer qui monte jusqu'à nous, jouis de mon corps que je t'offre. Oublie un instant tous les travers de ce monde et de ses habitants. Reste avec moi encore un peu, allez tu la retrouveras bien assez vite la misère, elle t'attendra va.Des bruits courent comme quoi tu ne serais pas toujours celui que tu veux laisser croire, que parfois tu te mêlerais aux capitalistes de ce monde et que même tu me trahirais avec une blonde de l'édition qui porterait un manteau de fourrure. Je n'y crois guère. Toi mon Olivier tu es comme moi, un rêveur, un idéaliste mais quand toi tu rêves d'un monde idéal moi c'est seulement de l'homme idéal que je rêve...
05 avril 2007
Jeanette ma petite soeur
Par Aude
Jeanna ou Jeannette comme je l'appelle c'est ma petite sœur. Quand je pense à elle, je suis pris d'une tendresse énorme, Jeanna j'ai tellement envie de la protéger, de la chérir. Je l'ai regardé grandir avec fascination. Quand mes parents m'ont annoncé que j'allais avoir une petite sœur, on ne peut pas dire que j'ai éclaté d'enthousiasme. Elle allait prendre ma place. Et puis elle est arrivée et j'ai regardé ce petit bout chiffonné déjà son esclave pour la vie. Je la regardais dormir, téter notre mère, je l'ai vu faire ses premiers pas et le premier mot distinct qu'elle ait prononcé fut mon nom. J'aimais quand elle enfouissait ses cheveux dans mon cou recherchant la tendresse.
Je sais ce qui se dit aujourd'hui sur Jeannette. Certains la trouvent trop "légère". Jeannette est aussi légère que le vent me dis-je alors et avec les hommes elle est légère et grave. Jeanette est à la quête de son bonheur. C'est parfois dur pour elle et chaque fois qu'elle vient de son pas léger, le regard embué par la vie, lourde de ses peines, je lui ouvre mes bras pour qu'elle y retrouve un brin de sérénité. Jeannette est ma p'tite sœur, je l'aime.
Le communiste
Par Bérangère
Le communiste logeait dans une petut studio avec cuisine. Il avait une vue sur la mer lorsqu'il ouvrait la fenêtre de gauche, et qu'il se penchait très adroitement. Les jours de printemps, d'hiver et d'automne, les rafales s'engouffraient telles des furies par les interstices de cette fenêtre. Il pouvait y distinguer Jeanna lorsqu'elle empruntait la digue en pédalant comme une forcenée, vent contre face. Comme les autres, il n'avait aucune idée de l'heure à laquelle la jolie fille passerait, il la guettait presque tendrement dans la froidure de l'été passé. Jamais il n'aurait osé l'aborder, ni même lui dire merci. De toutes façons, jamais il ne recevait de colis ou de recommandés.
Jeanna était une ombre ensoleillée qu'il devinait parfois, lorsqu'elle passait à côté de chez lui, elle était un espoir, un rêve éveillé. Un jour, il avait ramassé un bouton de sa veste, ce jour là, il fumait une cigarette, adossé à la digue. Elle était passé devant lui, esquissant un sourire distrait, et au delà du marmonnement du pédalier, il avait entendu le bouton rebondir délicatement sur le bitume. Elle avait filé comme le vent, et lui s'était penché pour ramasser l'intrépide.
A présent, il reposait sur sa table de nuit. Et le soir, lorsqu'il buvait sa dernière bière, allongé dans son lit, la couverture ramenée sous son menton, il posait le bouton métallique au fond de sa paume et le contemplait gravement. Ah, il aurait aimé être ce bouton, et venir se lover contre la poitrine de Jeanna. Chaque soir, il se demandait ce que ce petit bouton avait pu voir ou entrevoir dans la vie de sa belle. Elle avait changé de ville très souvent et avait eu beaucoup d'amants. Karl ne l'ignorait pas, il était l'ami de Nikos.
Lui aussi, il aurait aimé lui offrir un reflet de lui-même ou une rognure d'ongle...
03 avril 2007
Nino, le restaurateur italien
Par Aude
Nino avait un petit restaurant sur la côte. Ce n'était pas un grand restaurant avec vue sur la plage où les touristes se disputaient les places en terrasse en soirée. C'était plus une petite gargote perdue dans les rues de la vieille ville. Seuls les initiés connaissaient la cuisine de Nino et ils l'appréciaient.
Nino était italien et tout son beau pays était dans sa voix. Il recevait fréquemment de longues lettres envoyées pas sa mère, une vraie mère comme on n'en fait plus qu'en Italie. Nino avait fui l'Italie, ancien mafieux, il en avait eu assez un jour de toute cette pègre et avait décidé une reconversion. Mais pour échapper à la mafia, il faut fuir très très loin et c'est comme ça que Nino était arrivé ici, il y a une bonne vingtaine d'années.
Jeanna s'y arrêtait souvent pour amener les lettres d'Italie. Jeanna était fascinée par la cuisine de Nino. Il lui préparait toujours un petit encas pour après l'amour: un petit risotto aux cèpes, une petite salade jambon de parme-tomates-mozarella di bufflona-basilic, un gros morceau de parmesan accompagné d'un bon verre de vin. Jeanna fermait les yeux et s'évadait sous le soleil puissant de l'Italie, elle s'imaginait pédalant dans les rues de Rome quand la nuit commence à tomber. Jeanna imaginait la méditerranée, toujours bleue lui expliquait Nino.
Souvent quand Jeanna s'arrêtait chez Nino, il était plus de midi et le service était commencé. Nino travaillait seul dans son restaurant. Elle arrivait silencieusement dans la cuisine et s'asseyait pour l'attendre s'il était en salle. Elle écoutait les éclats de vois qui lui parvenait de la salle. Nino revenait à la cuisine avec ses commandes et ne paraissaient jamais surpris de la trouver là.
Ils faisaient l'amour rapidement sur un coin de table après avoir poussé les tomates et les aubergines. Pendant l'amour Jeanna s'emplissait des fumets qui se dégageaient de sous les couvercles. Une fois fini, Nino repartait servir ses clients, préparant toujours une assiette pour Jeanna. Quand il avait le temps Nino restait auprès de Jeanna et lui racontait l'Italie. Il lui disait qu'ils iraient y vivre un jour, qu'il l'emmènerait. Jeanna ne répondait pas, elle écoutait. Enfin, on ne peut pas dire que Jeanna était une grande oratrice. Elle aimait se laisser bercer par les mots, n'écoutant pas toujours leur sens mais juste leurs sonorités.
De Nino, Jeanna déroberait l'accent chantant et la cuisine du soleil, morceaux d'homme idéal.
Le papier des pauvres
Par Bérangère
Petite Jeanne, comme certains se plaisaient à la surnommer, habitait là où elle s'inventait des amours, ou n'habitait pas... C'est au bord d'une rivière que personne ne connaissait, sauf un très très vieux pêcheur chinois, qui peut-être n'existait plus, qu'elle avait choisi de commencer la construction de sa montgolfière-cathédrale. La clairière était belle et spacieuse, on aurait dit des écritures d'encyclopédie.
Elle n'avait jamais amener un amant en cet endroit. Elle le réservait pour son homme idéal. Cette nuit, Jeanna était venue, pédalant à son habitude comme une gaillarde paysanne. Elle tenait serrée contre elle un petit paquet de papier brun. Quand elle fut arrivée, elle sauta lestement du vélo, telle une gymnaste roumaine de 14 ans. Elle alla s'asseoir à côté de ses premières pierres et les contempla longuement, la larme à l'œil. Ensuite, délicatement, elle sortit de l'enveloppe brune, une vingtaine de lettres qu'elle brûla une à une.
Elle divulguait un sourire à faire fendre l'âme d'un pendu au fur et à mesure du déroulement de sa tâche. Jeanna n'avait jamais aimé les factures, ça avait commencé toute petite. Cependant, elle affectionnait particulièrement leurs exhalaisons quand elles brûlaient, ça sentait une odeur si particulière qu'elle aurait pu la retrouver n'importe-où. C'était acre, avec des relents de papier d'Arménie, ça sentait le papier d'occasion, le papier pour pauvres, et ça, ça énervait Jeanna. Elle n'avait jamais vu des factures sur papier glacé, ça ne devait exister qu'à Neuilly, pensait-elle. Invariablement, ces pensées la ramenait au bel Olivier, le facteur-sachem, un bout de son hommee idéal qu'il lui faudrait aller quérir un jour...
02 avril 2007
Des adieux
Par Bérangère
Elle était très belle avec sa veste entrouverte, elle s'était assise sur un petit tabouret de bois à trois pieds et elle semblait fixer l'infini ou peut-être même un truc qui n'existait pas tangiblement. Ses yeux se perdaient dans quelques-chose qu'il ne comprenait pas, ils avaient à cet instant chacun leur ciel. Nikos avait toujours le même visage quand il faisait l'amour, que ce soit à une femme ou à son violoncelle. Son regard à elle, était parti vers son homme idéal, elle pensait à sa construction, à ce qu'elle ramènerait d'ici. Elle aussi, elle allait bâtir sa Sagrada familia.
Il avait maintenant terminé de jouer pour elle, son sexe dormait tranquillement, il se reposait toujours après l'amour. Il avait achevé sa sérénade, un sourire douloureux greffé sur son visage. Il se leva et alla lui préparer un thé vert au jasmin. Il ne le savait pas mais c'était là sa boisson préférée. Elle ne s'en étonna pas, parfois, la vie était ainsi quand les corps s'accordaient de cette façon. Ses pupilles se baladaient à présent sur son intérieur, et elle aperçut un miroir marocain dans un coin à droite de la porte de la cuisine. Ses yeux se posèrent dessus comme un papillon d'été et se mirent à étinceler comme ceux d'une petite fille qui regarde un croissant à travers la vitrine d'une boulangerie.
__Il te plaît, tu le veux ?
__oui...
__Tu veux des cordes aussi, c'est ça ?
__Oui...
Le miroir entre ses petites mains, elle avait l'air ravi. Un magnifique éclat de regard mélancolique y était gravé, un beau regard de Nikos...
Il se dirent au revoir sur le pas de la porte, elle avait enroulé les cordes autour de son cou et avait glissé le miroir dans sa sacoche. C'est quand elle arriva à la poste qu'elle se rappela qu'il y avait du courrier pour un certain Nikos le violoncelliste. Le petit paquet était bien serré au fond du sac et attendait que quelqu'un vienne l'aimer. Jeanna se promit d'y retourner la semaine prochaine.
L'amant du mercredi
Par Aude
C'était l'ultime mercredi, leur dernier. Ils se regardaient gravement, ils se parlaient silencieusement, avec les yeux.
Romain était l'amant du mercredi de Jeanna. Il était instituteur et ne travaillait pas ce jour là. Sa femme était inspectrice des impôts et n'était jamais présente les mercredis.
Leur histoire avait commencé il y a un petit moment déjà. Romain et sa femme venaient d'arriver dans la région. Ils venaient tous les deux du soleil, tout en bas du pays, une île magnifique peuplée d'indépendants. Par ces ridicules histoires de mutation Romain et sa femme, encore tout jeunes et sans enfants étaient arrivés ici en Normandie. Ils ne se plaignaient pas trop, ils n'y faisait pas chaud certes mais la mer les avait suivis jusqu'ici et sous le ciel souvent gris, elle savait se paraître de mille reflets mélancoliques. Cependant, ils demandaient tous les ans une nouvelle mutation pour rejoindre leur grande et belle île. Cette mutation, ils venaient de l'obtenir et ils repartaient la semaine prochaine. C'était le dernier mercredi de Jeanna et Romain.
De Romain, Jeanna garderait ses yeux noirs, de grands yeux un peu tombants, plus bruns que noirs d'ailleurs. C'était de grands yeux qui vous fouillaient les tréfonds de l'âme, des yeux qui pénétraient les vôtres et refusaient d'en sortir. Romain faisait l'amour en ne quittant pas Jeanna des yeux. Elle non plus ne pouvait détacher son regard du sien. Elle n'avait jamais connu d'autres hommes qui fassent l'amour avec les yeux. C'était le premier.
Et là maintenant, à l'heure de se quitter, ils échangeaient des regards d'une telle intensité que les yeux gris de Jeanna devenaient plus foncés, volant la sombritude de ceux de Romain et que les yeux de Romain s'éclaircissaient dérobant un peu de cette couleur pareil au ciel des jours de pluie.
Ils ne se firent aucune promesse, ils ne s'écriraient pas, ne chercheraient pas à se revoir, ils finiraient peut-être même par s'oublier.
31 mars 2007
Le solitaire au violoncelle
Par Bérangère
Nikos l'avait emmené chez lui, il l'avait embarquée avec son violoncelle et la bicyclette. Jeanna souriait, heureuse de rencontrer un homme aussi merveilleux qui pourrait l'aider dans sa quête. Un bout de cet homme là serait sans conteste une pierre importante, une pierre de fondation...
Ses longs cheveux bouclés s'étalaient sur l'oreiller, il ne fumait jamais après l'amour, il préférait avant, quand les regards s'attisent et se convoitent sous le joug d'un désir impérieux et lascif. Elle ne s'était que rarement exposée à un tel corps à corps. Nikos était un musicien doux et rêveur et il savait si bien jouer de son instrument que Jeanna ne pouvait qu'en vouloir encore et encore. Elle aimait l'écouter gémir et deviner les fantasmagories qui s'apprêtaient à sauter de l'animal ventru. Le violoncelle redondait sous les cabrioles de Jeanna et sous les doigts habiles qui s'accordaient à venir trépigner contre sa carcasse de bois miel.
Jeanna avait gardé sa veste, elle était ouverte sur sa poitrine. Elle regardait Nikos se battre avec le violoncelle, puis s'éloigner des cordes, puis revenir le conquérir en violentant amoureusement le bois qui résonnait dans son cœur. C'était la première fois qu'elle observait un musicien de si près, elle ignorait jusqu'ici à quel point, ils pouvaient être en harmonie avec cette autre partie d'eux-mêmes.
C'était la première fois qu'elle dévisageait quelqu'un en train de faire l'amour, même si ce n'était pas avec elle. Elle n'avait jamais accordé trop d'importance à la musique jusqu'à maintenant. Elle savait qu'à partir d'aujourd'hui, ça allait changer...
Les services de Jeanna
Par Aude
Jeanna ne se contentait pas d'offrir son corps, elle offrait son temps et ses sourires à ceux qui le nécessitaient. Elle ramenait le pain à la vieille femme malade, le journal au grand-père impotent. Elle remplissait les papiers de ceux qui ne savaient pas. Pour recevoir le courrier avec Jeanna, pas besoin de boîte. Elle ramenait ses lettres au clochard réfugié sous le pont des étoiles. Normal, les lettres étaient adressées à Jojo, au pied du pilier gauche du pont des étoiles à L.
Jeanna pédalait les cheveux aux vents, le cœur dans ses rêves et son corps déjà chez son prochain amant. Parfois elle oubliait sa sacoche chez un amant. Quelle importance au fond, le courrier finissait toujours par arriver... avec un peu de retard. Mais elle donnait tant Jeanna et elle prenait si peu, juste quelques miettes de bonheur ou de plaisir, quelques miettes pour bâtir son idéal.
Personne ne savait où vivait Jeanna, personne ne la connaissait vraiment. Avait-elle une famille, des parents, des enfants, un mari? N'avait-elle pas juste un chat qui l'attendait patiemment? Chacun s'interrogeait. Jeanna, c'était un mystère. Elle était insaisissable comme l'air ou le vent qui soufflait fort en ce bord de mer.
Je n'ai jamais connu quelqu'un qui ne l'aimait point. Mais sans doute y'en a-t-il...
La quête de Jeanna
Par Bérangère
Ses pieds engendraient le moteur de sa douce folie en pédalant sans relâche, elle souriait à la pluie qui giclait sur son visage doré. Les intempéries ne la préoccupaient guère par rapport à ses contemporains qui se plaignaient sans cesse. Jeanna était comme ça, heureuse chaque jour de que la vie lui offrait, heureuse d'habiter au bord de la mer même si l'été ici n'était que la piètre parodie d'une étoile déclinante. Ce matin-là, elle s'apprêtait à dévaler la côte, jambes écartées pour mieux sentir l'air s'engouffrer sous son large pantalon bleu-marine. Elle adorait la caresse du vent, même froid, même glacial, sur sa peau tendue par les frissons que cela lui procurait. Elle était nue ce matin là, nue sous son costume austère de postière quand la vieille ami 8 croisa son chemin. Le véhicule freina juste à temps et n'effleura pas la belle bicyclette.
Jeanna avait entendu le hurlement de la petite voiture, les freins avaient pleuré comme si on venait de leur arracher une âme. Son cœur s'était serré à l'écoute de cette plainte déchirante, et il s'était relâché lorsqu'elle avait vu un grand type dégingandé sortir du véhicule. Il s'appelait Nikos et il n'était pas grec. Des larmes à l'aube de ses cils, il s'était précipité sur le capot pour l'ouvrir et vérifier l'état psychologique de sa Titine.
Jeanna était troublée, Nikos l'avait émue au plus profond de son être. Il avait refermé le capot, laissant apparaître le sourire d'un ouragan, il avait le regard bleu-ciel dévastateur et une dent cassée sur le côté droit. Il avait esquissé de vagues excuses et avait extirpé son violoncelle du ventre de Titine. Il avait joué quelques minutes, là, en ce lieu improbable, à la rencontre d'un chemin de campagne et d'une route départementale. Elle avait laissé son regard à elle se perdre sur son entrejambe à lui et ils s'étaient souri, leurs yeux s'étaient embrasés sous la pluie qui pissait à présent comme une belle vache fermière.
Jeanna pensait que cet homme là, ce Nikos qui n'était pas grec, pourrait peut-être lui donner un morceau de lui-même pour bâtir son homme idéal. Une corde de son violoncelle peut-être...ou l'éclat de son sourire d'insomnie. Et puis, elle avait sa montgolfière de vent d'amour à fabriquer...
